Il y a un an presque jour pour jour, je monte au camp des fourches, route de la Bonette, pour une rando avec des copains vers les lacs Morgon. Je marche plutôt bien, et au retour, comme on a près de deux heures d’avance sur les autres, on se fait une halte pic nic farniente sur une couverture au camp des fourches, près de la route et de ses innombrables lacets.
Là, nous voyons monter force vélos, avec des halètements, des gémissements parfois, et des plaintes sonores qui remontent du bas:
“J’en ai plein le c…., je redescends!!!”
“Mais nan, marcel, on est presque arrivééééééééééééé!!!” (pôvre Marcel, PLUS QUE 10 km…)
A ce moment je me dis “faut être fada quand même pour faire ce truc à vélo, c’est dingue, ils vont clamser”.
Juillet 2009, samedi 25 au soir, je me retrouve à Saint-Etienne de Tinée, prête à en découdre avec la fameuse ascension pédestre du col de la Bonette, 27 km, 1700 m de D+.
Bienvenue au club des fadas bis. Grâce à qui? Je ne vous fais pas de dessin.
Le samedi, j’ai la bonne idée de regarder les résultats des années d’avant, et vu les perfs des gens que je connais, je rajoute un bon bon quart d’heure à mon objectif (3h45 au lieu de 3h30, irréaliste, et je me dis même que 4 h ne seraient pas la fin du monde!).
Après avoir récupéré les clefs de l’hôtel (Hôtel des amis, pas cher du tout, et charmant), je me souviens que Regina et Bernard sont au “Stéphanois”, on va manger avec eux à l’improviste! Et puis ON SE COUCHE TOT!!! Même si j’étais en vacances la semaine d’avant, on n’est jamais trop prudent. Je bois pas mal pendant la nuit, en prévision.
Réveillée à 5h30, on file au rencart CLM, Regina me sauve la vie avec les épingles à dossard que j’ai oubliées, on prend un petit café, et on part à 7h au 7ème coup de cloche du clocher.
Latortue a été bombardée coach spécial mandatée par la communauté des CLMettes CAFettes, à l’insu de son plein gré, ce qui ne va nullement l’empêcher de s’acquitter de sa tâche de façon remarquable. Elle n’arrête pas de dire “ah mais non mais arrêtez vous me mettez la pression!!!!” (j’arrive pas à faire l’assent marseillais à l’écrit), mais en fait, elle n’a pas l’air si pressurisée que cela.
On papote, mais modérément. Lorsque latortue dit “bon les filles on parle trop là”, c’est que l’heure est sérieuse.
On lui obéit au doigt et à l’oeil et on freine quand elle dit que ça va trop vite. Franchement, j’ai pu voir par la suite qu’elle avait raison!!!!!!!!
Au bout de quelques km, nous voyons redescendre M. Nono, de CLM, et nous prenons peur “S’est-il fait mal? S’est-il fait agresser par une marmotte, déjà, à cette modeste altitude?”
Pas du tout, il prépare Millau, doit abaisser son rythme, et redescend donc courir cool avec les filles. ça c’est gentil. Il va rester jusqu’au 15ème km, et nous demandera l’autorisation de filer ensuite, nous sommes apparemment un peu trop cools!!!!!!! Dans notre grande mansuétude, nous le laissons s’envoler.
A partir du 11ème km à peu près, la pente se cabre de quelques pourcents, il m’arrive de marcher quelques mètres, notamment dans la courbure des lacets. Mais je peux repartir. Regina est héroïque, elle ne marche pas, comme elle l’a décidée. On fait un peu les accordéons, ou les perroquets avec les filles, on se double, on se redouble…
A partir du km 15 ou 16 me viennent des maux de ventre carabinés. Je m’aperçois, un peu tard, c’est à dire, 5 ou 6 km plus loin, qu’ils doivent être causés par les ravitaillements trop froid pour moi. Bien sûr je m’en aperçois à l’instant même où je viens de m’envoyer 25 cl d’Isostar glacé…. Grrrr, je vais en baver pendant 5 ou 6 km, et pas mal marcher. Zut zut et rezut, moi qui regardais toujours d’un air un tantinet moqueur les ceintures portes-petits-bidons et les gourdes à main des uns et des autres (suivez mon regard), je jure que je prendrai dorénavant mes propres ravitos à la bonne température.
Giz me rattrape, Regina s’éloigne, mon mari que je croyais rattraper les doigts dans le nez, aussi, bref, ça va pas fort. Et puis ça passe aussi vite que c’était venu, et j’en profite pour repartir. Je trottine un peu, et puis flûte, je m’aperçois que je suis beaucoup plus efficace en marchant, je dois être plus randonneuse que coureure, aïe aïe aïe.
Heureusement pconvert n’est pas encore redescendu nous chercher et ne me verra marcher que dans la dernière côte épouvantable, genre “non mais Pierre, je ne marche que depuis 2 min là tu vois”. Ouuuuf.
Du coup je mouline, je mouline en marchant, et hop je repasse mon jules (qui fait arrrg), et Regina, d’au moins 3 m d’avance, un gouffre. Dans la dernière descente Max descend chercher tout ce petit monde, mais quand il me dit de trottiner, je m’exécute 30 secondes avant de réprimer une furieuse envie de v…. et oui, les effets de l’altitude viennent de se manifester chez moi! (Heureusement pas avant 2600 m environ).
Donc j’arrive tranquillement en marchant, et finalement pas trop fatiguée, beaucoup moins qu’à la Colmiane par exemple.
3h46 au compteur.
Il fait frais là-haut, et la petite couverture de survie offerte par l’organisation n’est pas de trop.
Mon mari a la surprise de sa vie en voyant sa peau toute fripée sur ses mollets, comme tirée, et oui, plus trop de flotte à l’intérieur de son corps. Ce seraitypas la raison de ces crampes aux 25ème km mon bon monsieur??????
Après un bon ravito réparateur, on descend avec une voiture de l’organisation car le bus était plein.
Et puis c’est le meilleur moment n’est-ce pas, le repas avec tout le monde en terrasse ombragée, le pied total. Super bon, campagnard, avec un fabuleux fromage blanc aux myrtilles en dessert. Merci à Bernard pour s’être occupé de tout ça!
A notre table, il y a le triple vainqueur de la course, un italien de Imperia, et un de ses amis. Et puis évidemment Teresa, qui a encore ramené une coupe!
C’est à regret que nous nous en allons, mais vraiment c’était très chouette.
Regina, t’as intérêt à mettre ta photo de star.
Photo au 15ème prise par le photographe, puis en haut par Kathy de CAF, qui a eu le culot de ne mettre que 3h20 cette chameau!!!!!!!!!!
Vous voyez bien que c’est pas dur la Bonette, on rigole tout le temps!
Il y a un an presque jour pour jour, je monte au camp des fourches, route de la Bonette, pour une rando avec des copains vers les lacs Morgon. Au retour, comme on a un peu d’avance sur les autres, on se fait une halte pic nic farniente sur une couverture au camp des fourches, près de la route et de ses innombrables lacets.
Là, nous voyons monter force vélos, avec des halètements, des gémissements parfois, et des plaintes sonores qui remontent du bas:
“J’en ai plein le c…., je redescends!!!”
“Mais nan, Marcel, on est presque arrivééééééééééééé!!!” (pôvre Marcel, PLUS QUE 10 km…)
A ce moment je me dis “faut être fada quand même pour faire ce truc à vélo, c’est dingue, ils vont clamser”.
Juillet 2009, samedi 25 au soir, je me retrouve à Saint-Etienne de Tinée, prête à en découdre avec la fameuse ascension pédestre du col de la Bonette, 27 km, 1700 m de D+.
Bienvenue au club des fadas bis. Grâce à qui? Aux joyeux lurons/lurones de Courir le Monde et Courir au Féminin.
Le samedi, j’ai la bonne idée de regarder les résultats des années d’avant, et vu les perfs des gens que je connais, je rajoute un bon bon quart d’heure à mon objectif (3h45 au lieu de 3h30, irréaliste, et je me dis même que 4 h ne seraient pas la fin du monde!).
Après avoir récupéré les clefs de l’hôtel (Hôtel des amis, pas cher du tout, et charmant), je me souviens que Francine et Bernard sont au “Stéphanois”, on va manger avec eux à l’improviste! Et puis ON SE COUCHE TOT!!! Même si j’étais en vacances la semaine d’avant, on n’est jamais trop prudent. Je bois pas mal pendant la nuit, en prévision.
Réveillée à 5h30, on file au rencart CLM, Francine me sauve la vie avec les épingles à dossard que j’ai oubliées, on prend un petit café, et on part à 7h au 7ème coup de cloche du clocher.
Dany Latortue a été bombardée coach spécial mandatée par la communauté des CLMettes CAFettes, à l’insu de son plein gré, ce qui ne va nullement l’empêcher de s’acquitter de sa tâche de façon remarquable. Elle n’arrête pas de dire “ah mais non mais arrêtez vous me mettez la pression!!!!” (j’arrive pas à faire l’assent marseillais à l’écrit), mais en fait, elle n’a pas l’air si pressurisée que cela.
On papote, mais modérément. Lorsque latortue dit “bon les filles on parle trop là”, c’est que l’heure est sérieuse.
On lui obéit au doigt et à l’oeil et on freine quand elle dit que ça va trop vite. Franchement, j’ai pu voir par la suite qu’elle avait raison!!!!!!!!
Au bout de quelques km, nous voyons redescendre M. Nono, de CLM, et nous prenons peur “S’est-il fait mal? S’est-il fait agresser par une marmotte, déjà, à cette modeste altitude?”
Pas du tout, il prépare Millau, doit abaisser son rythme, et redescend donc courir cool avec les filles. ça c’est gentil. Il va rester jusqu’au 15ème km, et nous demandera l’autorisation de filer ensuite, nous sommes apparemment un peu trop cools!!!!!!! Dans notre grande mansuétude, nous le laissons s’envoler.
A partir du 11ème km à peu près, la pente se cabre de quelques pourcents, il m’arrive de marcher quelques mètres, notamment dans la courbure des lacets. Mais je peux repartir. Francine est héroïque, elle ne marche pas, comme elle l’a décidée. On fait un peu les accordéons, ou les perroquets avec les filles, on se double, on se redouble…
A partir du km 15 ou 16 me viennent des maux de ventre carabinés. Je m’aperçois, un peu tard, c’est à dire, 5 ou 6 km plus loin, qu’ils doivent être causés par les ravitaillements trop froid pour moi. Bien sûr je m’en aperçois à l’instant même où je viens de m’envoyer 25 cl d’Isostar glacé…. Grrrr, je vais en baver pendant 5 ou 6 km, et pas mal marcher. Zut zut et rezut, moi qui regardais toujours d’un air un tantinet moqueur les ceintures portes-petits-bidons et les gourdes à main des uns et des autres (suivez mon regard), je jure que je prendrai dorénavant mes propres ravitos à la bonne température.
Giz me rattrape, Francine s’éloigne, mon mari que je croyais rattraper les doigts dans le nez, aussi, bref, ça va pas fort. Et puis ça passe aussi vite que c’était venu, et j’en profite pour repartir. Je trottine un peu, et puis flûte, je m’aperçois que je suis beaucoup plus efficace en marchant, je dois être plus randonneuse que coureure, aïe aïe aïe.
Heureusement pconvert n’est pas encore redescendu nous chercher et ne me verra marcher que dans la dernière côte épouvantable, genre “non mais Pierre, je ne marche que depuis 2 min là tu vois”. Ouuuuf.
Du coup je mouline, je mouline en marchant, et hop je repasse mon jules (qui fait arrrg), et Francine, d’au moins 3 mètres d’avance, un gouffre. Dans la dernière descente Max descend chercher tout ce petit monde, mais quand il me dit de trottiner, je m’exécute 30 secondes avant de réprimer une furieuse envie de v…. et oui, les effets de l’altitude viennent de se manifester chez moi! (Heureusement pas avant 2600 m environ).
Donc j’arrive tranquillement en marchant, et finalement pas trop fatiguée, beaucoup moins qu’à la Colmiane par exemple.
3h46 au compteur.
Il fait frais là-haut, et la petite couverture de survie offerte par l’organisation n’est pas de trop.
Mon mari a la surprise de sa vie en voyant sa peau toute fripée sur ses mollets, comme tirée, et oui, plus trop de flotte à l’intérieur de son corps. Ce seraitypas la raison de ces crampes aux 25ème km mon bon monsieur??????
Après un bon ravito réparateur, on descend avec une voiture de l’organisation car le bus était plein.
Et puis c’est le meilleur moment n’est-ce pas, le repas avec tout le monde en terrasse ombragée, le pied total. Super bon, campagnard, avec un fabuleux fromage blanc aux myrtilles en dessert. Merci à Bernard pour s’être occupé de tout ça!
A notre table, il y a le triple vainqueur de la course, un italien de Imperia, et un de ses amis. Et puis évidemment Teresa, qui a encore ramené une coupe!
C’est à regret que nous nous en allons, mais vraiment c’était très chouette.
Vous voyez bien que c’est pas dur la Bonette, on rigole tout le temps!