Trail de la Colmiane, juin 2009

lacs

J’habite à Nice, je cours depuis deux ans, je ne vais pas vite, mais j’adore ça.

Et plus ça va, plus j’aime courir à la campagne, et à la montagne.

Voici le récit de mon deuxième trail (le premier ayant été le trail des Balcons d’Azur dans l’Estérel, version 17 km, en avril dernier).

Debout à 5h30 pour essayer de ne rien oublier et de ne pas s’énerver. Nous avons en effet 1h30 de route pour nous rendre au petit village de Saint-Dalmas Valdeblore, pour le trail de la Colmiane. Ce trail fait 20 km et cumule 1700 m de dénivelé positif. J’ai été prévenue, ce sera dur. Mais je sais que là-haut, ce sera magnifique. Personnellement, c’est ce qui me fait avancer dans ces cas-là.
Nous renonçons à aller voir le départ des Ironmen avant de partir (nous aurions tous les 3 aimé voir ce spectacle assez exceptionnel), et je crois que nous faisons bien. Nous décidons d’y aller ce soir en rentrant.
Nous embarquons le « petit » avec nous, il jouera avec les enfants de nos copains de la Colmiane, dans le pré ou ailleurs !
Sur la route, mon mari me taquine en n’arrêtant pas de dire : « ah t’es contente là, t’es excitée d’aller dans ta montagne ». Je rigole mais je me dis que les trois personnes qui sont montées le vendredi de la semaine d’avant et qui ne sont pas revenues du raid du Mercantour devaient aussi être très heureuses la veille de leur décès…Bref, on n’y peut rien.
Sur place, il y a deux courses, le trail et la course des as, 15 km sur routes et chemins, 200 m de dénivelé je crois. Le tout est gratuit, sauf si on s’inscrit au dernier moment (5 euros). Une copine et un collègue feront le 15km. Le mari de la copine, le Colmianais, part sur le trail avec nous. Et oui, mon jules a décidé de faire le trail. Il n’est pas en super forme, il ne sait pas, il ne réalise pas que ça va être dur, je lui dis qu’il ferait peut-être mieux de choisir le 15 bornes, mais non, il y va, avec son petit porte-bidon que je l’ai obligé à prendre.
Notre fils se volatilise avant le départ, il a son ballon de foot et a trouvé de nouveaux potes, en plus ils installent des jeux pour enfants, on ne le verra pas de la journée. Je lui ai donné 10 euro pour manger et basta.
Juste avant le départ, je demande à Nath de m’attacher le petit brassard noir que nous portons en souvenir des disparus.
Le départ est donné, au fusil, c’est la Western States en Alpes-Maritimes.
Nous avons près de 1400 m à grimper jusqu’au Mont Pépoiri (10 km de montée), en passant par des sentiers qui grimpent, mais très agréables. Il fait un peu chaud en bas, mais je sais que ça ne va pas durer. Nous traversons des paysages magnifiques, à couper le souffle, nous croisons des moutons surexcités par notre présence. Il y a une très bonne ambiance, ça papote sec (je suis plutôt dans le fond), il faut dire qu’il est impossible de courir pour le commun des mortels. Si j’en crois les photos de l’année dernière, seuls les 10 premiers couraient sur cette portion.
THE WALL
A un moment, nous montons face à de magnifiques barres rocheuses, c’est raide, très raide, un type dit que son GPS lui annonce 45%, c’est possible ça ? Je vois mon mari 10 minutes devant. En haut, j’ai un peu le vertige, et un coup de mou consécutif à un sprint, effectué justement pour rester le moins de temps possible là où j’ai peur. Mais ça ne dure pas.
L’arrivée aux lacs est merveilleuse, comme toujours on les découvre au dernier moment. Tout le monde fait « aaaaah », ou « ooooh », ça dépend des styles. Des randonneurs nous félicitent et nous encouragent.
Au fait, elle ne vous l’a pas dit, mais Brinouille est avec nous, et gambade en faisant le double de chemin. Dans les lacs, elle se baigne carrément, sacrée Brinouille. La bonne femme s’obstine à l’appeler Fifi, je me demande bien pourquoi. A ce moment-là, je commence à doubler des gens, filles et garçons, même si mes doigts commencent à gonfler et la migraine à poindre. Première fois que je ressens les effets de l’altitude, faut dire aussi que je ne suis jamais montée aussi vite.
La montée jusqu’au Pépoiri (2674 m) est dure mais pas vraiment pénible non plus. Là-haut, je tombe sur Brague Spirit de Kikourou, qui me fait relacer et serrer mes chaussures : « Serre plus que ça !! Encore je te dis ».
A partir de là, c’est sensé être plus facile. Nan nan nan, pas du tout, c’est là que les ennuis commencent. Ça descend trop vite, les pierres roulent, c’est très dur de courir et je n’ai pas envie de me casser le coccyx ; au bout d’un moment, parcours en crête, ça va un peu mieux, je redouble quelques filles, dont une Paula Radcliffe avec des bâtons. Je suis contente parce que j’ai doublé des filles carrossées comme des 4×4 de trail (autrement dit super bien foutues mais ultra-musclées). On a de petites satisfactions parfois. Je fais une grande partie de la course avec une dame qui tient le magasin de trail de Nice, c’est une V2 digne d’un catalogue de mode, d’habitude elle est loin devant, mais il paraît qu’elle est un peu malade. Elle reste très sympa.
On arrive sur des pistes, qui sont en fait des pistes de ski et je me dis que ça va aller mieux. Que nenni (no offense Nenni). Entre les petits bosses casse-chevilles, les ornières et les cailloux qui roulent, c’est l’enfer. On a deux km sur lesquels on peut s’éclater, après on pleure (enfin,pas vraiment hein). Ce parcours n’est pas le plus beau, j’ai préféré l’inspiration des paysages à la montée. Bien sûr on voit des tas de montagnes au loin, mais comme on a le nez dans le guidon, on n’en profite pas.
Lorsque j’arrive au km 15 il me reste 45 min pour faire les 5 restants et passer sous les 4h, qui sont mon objectif. Je me dis : piece of cake. Petite ignorante que je suis.
C’était sans compter sur ces fichus pistes casse-gueule, où il faut faire attention au moindre appui et où le pied roule comme c’est pas permis, c’était sans compter les montées qui arrivent. Je râle pas mal. Je double un monsieur qui me redoublera plus loin et arrivera 2 min avant moi. Par contre, j’entends arriver derrière moi un train, c’est la dame du magasin qui descend à toute vitesse. Elle me dit « allez viens, cours !! »
Oui oui bien sûr, passe devant, je te suis ! Tu parles Charles. Elle arrivera 4 min avant moi !
J’ai les cuisses dures mais dures !!! Les organisateurs nous font prendre des raccourcis mortels en descente, je les maudis. A deux km de l’arrivée, une dernière montée dans une autre pistes de ski, une horreur, les gens marchent comme des galériens, je double un jeune qui me dit qu’il a presque envie de pleurnicher, c’est mignon. On a tous des envies de meurtre. Ça redescend, ouf. Aaaaaah mais non ! ça remonte encore !!!!!!
Là, ce ne sont plus des envie de meurtre, je suis Landru. Non, je me transforme lentement en Hannibal Lecter, je sens que si j’avais le traceur sous la main, je l’empalerai avec un bâton que j’aurais fauché à Paula Radcliffe.
Les derniers 500 m passent dans un sous-bois magnifique, dont je ne profite pas, trop fatiguée.
J’arrive quelques minutes après mon mari qui n’en peut plus. Il en a bavé des ronds de chapeau dans la descente.
J’ai mis 4h17, je suis 153ème sur 180 au total, 12ème fille sur 24, et 4ème V1F sur 10, la troisième étant passée plus d’un quart d’heure avant moi, donc pas de regret.
Le copain de la Colmiane met 3h50, il est content. Nath, sa femme, a fait un super temps sur le 15 km, elle est ravie.
Je suis contente, mais pour un premier trail de montagne, j’aurais préféré un parcours avec des sentiers plus roulants (il y en a plein).
Debout à 5h30 pour essayer de ne rien oublier et de ne pas s’énerver. Nous avons en effet 1h30 de route pour nous rendre au petit village de Saint-Dalmas Valdeblore, pour le trail de la Colmiane. Ce trail fait 20 km et cumule 1700 m de dénivelé positif. J’ai été prévenue, ce sera dur. Mais je sais que là-haut, ce sera magnifique. C’est ce qui me fait avancer dans ces cas-là.
Nous renonçons à aller voir le départ des Ironmen avant de partir (nous aurions tous les 3 aimé voir ce spectacle assez exceptionnel), et je crois que nous faisons bien. Nous décidons d’y aller ce soir en rentrant.
Nous embarquons le « petit » avec nous, il jouera avec les enfants de nos copains de la Colmiane, dans le pré ou ailleurs !
Sur la route, mon mari me taquine en n’arrêtant pas de dire : « ah t’es contente là, t’es excitée d’aller dans ta montagne ». Je rigole mais je me dis que les trois personnes qui sont montées le vendredi de la semaine d’avant et qui ne sont pas revenues du raid du Mercantour devaient aussi être très heureuses la veille de leur décès…Bref, on n’y peut rien.
Sur place, il y a deux courses, le trail et la course des as, 15 km sur routes et chemins, 200 m de dénivelé je crois. Le tout est gratuit, sauf si on s’inscrit au dernier moment (5 euros). Une copine et un collègue feront le 15km. Le mari de la copine, le Colmianais, part sur le trail avec nous. Et oui, mon jules a décidé de faire le trail, premier pour lui. 
Notre fils se volatilise avant le départ, il a son ballon de foot et a trouvé les enfants de nos potes, en plus ils installent des jeux pour enfants.
Juste avant le départ, je demande à Nath de m’attacher le petit brassard noir que nous portons en souvenir des disparus.
Le départ est donné, au fusil, c’est la Western States en Alpes-Maritimes.
Nous avons près de 1400 m à grimper jusqu’au Mont Pépoiri (10 km de montée), en passant par des sentiers qui grimpent, mais très agréables. Il fait un peu chaud en bas, mais je sais que ça ne va pas durer. Nous traversons des paysages magnifiques, à couper le souffle, nous croisons des moutons surexcités par notre présence. Il y a une très bonne ambiance, ça papote sec (je suis plutôt dans le fond), il faut dire qu’il est impossible de courir pour le commun des mortels. Si j’en crois les photos de l’année dernière, seuls les 10 premiers couraient sur cette portion.
THE WALL
the wall
A un moment, nous montons face à de magnifiques barres rocheuses, c’est raide, très raide, un type dit que son GPS lui annonce 45%, c’est possible ça ? Je vois mon mari 10 minutes devant. En haut, j’ai un peu le vertige, et un coup de mou consécutif à un sprint, effectué justement pour rester le moins de temps possible là où j’ai peur. Mais ça ne dure pas.
L’arrivée aux lacs est merveilleuse, comme toujours on les découvre au dernier moment. Tout le monde fait « aaaaah », ou « ooooh », ça dépend des styles. Des randonneurs nous félicitent et nous encouragent.
A ce moment-là, je commence à doubler des gens, filles et garçons, même si mes doigts commencent à gonfler et la migraine à poindre. Première fois que je ressens les effets de l’altitude, faut dire aussi que je ne suis jamais montée aussi vite.
La montée jusqu’au Pépoiri (2674 m) est dure mais pas vraiment pénible non plus. Là-haut, je tombe sur Brague Spirit de Kikourou, qui me fait relacer et serrer mes chaussures : « Serre plus que ça !! Encore je te dis ».
A partir de là, c’est sensé être plus facile. Nan nan nan, pas du tout, c’est là que les ennuis commencent. Ça descend trop vite, les pierres roulent, c’est très dur de courir et je n’ai pas envie de me casser le coccyx ; au bout d’un moment, parcours en crête, ça va un peu mieux, je redouble quelques filles, dont une Paula Radcliffe avec des bâtons. Je suis contente parce que j’ai doublé des filles carrossées comme des 4×4 de trail (autrement dit super bien foutues mais ultra-musclées). On a de petites satisfactions parfois. Je fais une grande partie de la course avec une dame qui tient le magasin de trail de Nice, c’est une V2 digne d’un catalogue de mode, d’habitude elle est loin devant, mais il paraît qu’elle est un peu malade ce jour-là. Elle est très sympa.
On arrive sur des pistes, qui sont en fait des pistes de ski et je me dis que ça va aller mieux. Que nenni. Entre les petits bosses casse-chevilles, les ornières et les cailloux qui roulent, c’est l’enfer. On a deux km sur lesquels on peut s’éclater, après on pleure (enfin,pas vraiment hein). Ce parcours n’est pas le plus beau, j’ai préféré l’inspiration des paysages à la montée. Bien sûr on voit des tas de montagnes au loin, mais comme on a le nez dans le guidon, on n’en profite pas.
Lorsque j’arrive au km 15 il me reste 45 min pour faire les 5 restants et passer sous les 4h, qui sont mon objectif. Je me dis : piece of cake. Petite ignorante que je suis.
C’était sans compter sur ces fichus pistes casse-gueule, où il faut faire attention au moindre appui et où le pied roule comme c’est pas permis, c’était sans compter les montées qui arrivent. Je râle pas mal. Je double un monsieur qui me redoublera plus loin et arrivera 2 min avant moi. Par contre, j’entends arriver derrière moi un train, c’est la dame du magasin qui descend à toute vitesse. Elle me dit "allez! suis-moi!"
Oui oui bien sûr, passe devant, je te suis ! Tu parles Charles. Elle arrivera 4 min avant moi !
J’ai les cuisses dures mais dures !!! Les organisateurs nous font prendre des raccourcis mortels en descente, je les maudis. A deux km de l’arrivée, une dernière montée dans une autre pistes de ski, une horreur, les gens marchent comme des galériens, je double un jeune qui me dit qu’il a presque envie de pleurnicher, c’est mignon. On a tous des envies de meurtre. Ça redescend, ouf. Aaaaaah mais non ! ça remonte encore !!!!!!
Là, ce ne sont plus des envie de meurtre, je suis Landru. Non, je me transforme lentement en Hannibal Lecter, je sens que si j’avais le traceur sous la main, je l’empalerai avec un bâton que j’aurais fauché à Paula Radcliffe.
Les derniers 500 m passent dans un sous-bois magnifique, dont je ne profite pas, trop fatiguée.
J’arrive quelques minutes après mon mari qui n’en peut plus. Il en a bavé des ronds de chapeau dans la descente.
J’ai mis 4h17, je suis 153ème sur 180 au total, 12ème fille sur 24, et 4ème V1F sur 10, la troisième étant passée plus d’un quart d’heure avant moi, donc pas de regret.
Le copain de la Colmiane met 3h50, il est content. Nath, sa femme, a fait un super temps sur le 15 km, elle est ravie.
Je suis contente, mais pour un premier trail de montagne, j’aurais préféré un parcours avec des sentiers plus roulants (il y en a plein).
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2 réponses à “Trail de la Colmiane, juin 2009

  1. Fabuleux ce récit, même si heureusement pour moi je n’était pas à coté.
    C’est vrai que le parcours est dur mais c’est un trail de montagne où les randonneurs peines pour marcher.
    J’ai chercher pour que ce trail reste dans l’esprit de ce type de compétion et surtout qu’il ne soit pas roulant.
    Il ne fait que 22Km soit un semi, mais au vu de sa durée, il correspond plus à un marathon.
    Je n’espère qu’une chose, c’est vous faire découvrir l’arrière pays nicois et ses merveilles. Il y a tant de bellke promenade à faire dans le mercantour.
    L’espère vous revoir ce dernier week-end de juin pour la 3eme édition du trail de la Colmiane.

    Je suis un humble organisateur qui ne cherche pas à mourir mais vous donner du plaisir à venir dans ces magnifiques paysages.

    Eddie

  2. Oh vous savez, c’est bien possible qu’on remonte! Que JE remonte. Mon mari je ne sais pas quand même! :))))))
    Mais c’est magnifique et très bien organisé c’est sûr.

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